samedi 10 avril 2010

Psycho cycler's revenge

Le New York Post a le don de faire des titres sensationnels au carré.

Dans cet article, qui raconte comment un jeune messager à vélo aurait attaqué un conducteur de limo, le Post a la bonne idée de présumer que le cycliste souffre d'une psychose.



On voit ici la photo du Psycho cyclist:



Je ne peux manquer de remarquer qu'il ressemble à un personnage de Twilight. De là à présumer qu'il soit un vampire, voilà un pas que le Post n'a pas osé franchir. Le titre aurait été autrement meilleur ainsi: Vampire cycler's revenge.

mardi 6 avril 2010

La roue tourne


J'ai appris plusieurs choses inutiles à l'université. Certaines d'entre elles ne me serviront jamais à rien. Elle me nuisent même un peu, sont entrées dans ma tête aux dépens d'autres trucs d'importance capitale, ont pris leur place, les ont chassés. L'autre jour je ne me souvenais plus, par exemple, dans quel film Woody Allen a une conversation avec un spermatozoïde afro-américain. Le titre de ce film est rendu quelque part, je sais pas où, remplacé par un concept obscur appris dans un cours de méthodologie dont j'ai déjà tout oublié, jusqu'à la face du prof. C'était un gars, ce prof, je me souviens, et il avait des lunettes et il ressemblait un peu à Stéphane Laporte et était aussi drôle. Mais c'est tout flou sinon.

Je sais où je m'en vais ici, faut pas s'en faire. Je prends des détours parce que ça m'amuse. En gros je veux vous parler de Marinoni qui, à 73 ans, ferait encore des vélos en acier à la main. Mais ça s'en vient...

Donc parmi les trucs les moins inutiles que j'ai appris, il y a cette analyse comparative des chronologies occidentale et aztèque. Pour faire une histoire courte, les Aztèques avaient une vision cyclique du temps, où les saisons divisaient les années mais revenaient inlassablement comme une nouvelle cuvée de Star Académie. Chez les occidentaux, on le sait, la conception du temps est linéaire et finie. C'est d'ailleurs tout à fait catholique: il y a eu la genèse, puis Jésus, et il y aura l'Apocalype (entre tout ça il y a quelques événements de plus ou moins d'importance pour qu'on s'emmerde pas trop).

L'important n'est pas de savoir qui a raison ici, car de toute façon, c'est évident que la vie est à la fois linéaire et cyclique. Linéaire car on naît et, désolé de vous dévoiler le punch, on meurt. Mais la vie est aussi cyclique.

Pour Pâques, j'étais chez ma grand-mère et j'avais une discussion avec un oncle (salut Alain!), un cycliste, un gros-mollet, qui me vantait le carbone. Et moi je lui vantais l'acier. Voilà bien le monde à l'envers, alors que lui, qui a grandi à une époque où n'existait en matière de vélo que l'acier, est venu à le délaisser; alors que moi, qui a grandi à une époque où l'acier était quasiment un sous-produit, je ne jure que par lui.

C'est la même chose avec cet engouement pour les vinyles, d'ailleurs. Les Aztèques avaient tout vu ça: la roue tourne, man.

Et bien elle tourne même un peu à Lachenaie, chez Marinoni où on a décidé de refaire à la main les vieux cadres en acier qui ont rendu la maison célèbre. C'est une excellente nouvelle pour tous les amoureux de l'acier. Je déprimais un peu dernièrement quand j'allais flâner sur le site du fabriquant: que de l'alu et du carbone, ou alors un modèle en acier avec autant d'âme qu'une planche à découper.

Mais là, on est dans le registre de l'artisanat. Les cadres sont vendus 1000$ chez Vélo Villeneuve, et faits sur mesure.

Vous voyez bien que les Aztèques avaient raison.

mardi 30 mars 2010

prêt-à-rouler



C'est un problème un peu bobo, mais ce blogue ne connaît pas de frontières, alors voici.

Avez-vous certaines chemises dans votre garde-robe avec lesquelles vous ne pouvez absolument pas rouler? Moi j'en ai une. Je ne peux pas la mettre si je me rends au boulot à vélo. Et comme je me rends au boulot à vélo pas mal tout le temps...

Il y a ce collectif de New York, Outiler, qui a décidé de régler ce problème une fois pour toute. Je ne sais pas si j'achèterai une de ces chemises toute-puissantes, parce qu'ils ont tendance à vendre cher. Mais je salue l'initiative.

mardi 23 mars 2010

Scène de rue

retrouver ce média sur www.ina.fr

Peu importe à quel point les piétons vous énervent, gardez toujours votre calme. Surtout s'il s'agit d'ouvriers d'un chantier naval...

PS: Désolé pour la taille. Appuyez sur plein écran, ça vaut le coup (ah!)

jeudi 18 mars 2010

Un vélo n'est pas un bike



Un oenologue qui parle de vin se rapproche de la poésie. Parce qu'il possède un vocabulaire exact, précis et complet. Ça n'aurait pas le même effet s'il y allait, du genre, comme ça: «Faque j'trouve que le body est pas mal solide. Mieux que l'autre, mais faut dire que l'autre y'est corked...»


Ce serait inadmissible. Intolérable. En un mot, pascorrect. 


Alors pourquoi on se permet de parler ainsi d'un vélo? On parle pas d'une vulgaire télé, d'un aspirateur, d'une laveuse. On parle d'un vélo, un objet à mon sens au moins aussi noble que le vin. 


Quand tu te rends dans une boutique de vélos et que tu demandes un boîtier de pédalier, pourquoi est-ce que le mécano te regarde comme si tu venais d'une autre planète, du Vercors disons?


Yo, mécano, je sais très bien qu'on dit un bottom bracket, mais dans une autre langue. En français, il y a des mots pour toutes les parties, toutes les pièces d'un vélo. 


Et vous verrez, c'est magique, dès qu'on utilise ces mots, on se rapproche aussi de la poésie.


Vous saviez qu'il y avait des haubans sur un vélo? Comme sur les voiliers. Comme dans la chanson de Brel:


«Dans le port d'Amsterdam

Y'a des marins qui mangent

Sur des nappes trop blanches

Des poissons ruisselants

Ils vous montrent des dents

À croquer la fortune

À décroisser la lune

À bouffer des haubans»


J'ai grandi dans une société où un capot est un hood et un pneu un tire; où un dérailleur est un shifter et un cadre est un frame. C'est pas obligé d'être ainsi jusqu'à la fin des temps, par contre. 


Pour des heures de plaisir, allez jeter un oeil ici.

mercredi 17 mars 2010

L'article 31: le casque de la discorde


Vous l’avez sans doute entendu : le gouvernement envisage d’obliger les enfants à porter un casque à vélo. Qu’advient-il de cette mesure ? Y a-t-il unanimité chez les députés ? Je vous propose un compte rendu un peu gris, mais que je crois nécessaire. Attachez vot’tuque, mettez un casque (c’est pas obligé), on part…


Le gouvernement envisage de profonds changements au Code de la route. C’est le projet de loi 71. Certains de ces changements concernent directement les cyclistes : l’article 31, qui prévoit de rendre obligatoire le port du casque à vélo chez les enfants, est l’un d’eux.


Le voici en entier : «Le gouvernement peut, par règlement, rendre obligatoire, pour une personne âgée de 12 ans ou moins prenant place sur une bicyclette, le port d’un casque protecteur conforme aux normes qu’il établit.»


On ne peut pas être contre la vertu, direz-vous, et c’est ce que plusieurs pensent. Or, ce n’est pas la première fois que Québec envisage d’obliger le port du casque à vélo. Vélo-Québec s’y est toujours opposé et l’organisme s’y oppose encore aujourd’hui.


Il existe en effet des arguments solides contre l’obligation du port du casque. En voici quelques-uns.


- L’obligation entraîne une réduction documentée du nombre de cyclistes, ce qui marginalise la pratique du vélo;


- Moins il y a de cyclistes, plus il y a d’accidents par tête de pipe (théorie du strenght in numbers);


- On note aussi qu’il s’agit d’une mesure qui se concentre sur les effets plutôt que sur les causes, qui cherche à réduire l’impact des accidents plutôt que de réduire le nombre d’accidents tout court;


- Vélo-Québec souligne encore que les pays où l’on compte le plus de cyclistes sont ceux où le port du casque est le moins répandu : Pays-Bas et Danemark, notamment. Le gouvernement libéral, quant à lui, cite en exemple des provinces canadiennes et des États américains. Ceux-ci ont des lois qui obligent le port du casque, fait valoir la ministre des Transports, Julie Boulet. Ces endroits sont aussi parmi ceux avec le moins de cyclistes sur la planète… Des contre-exemples plus que des exemple, plaide Vélo-Québec;


- Le SPVM a fait valoir en commission parlementaire qu’il serait difficile d’appliquer le règlement. Les policiers ne peuvent pas donner de contraventions à des enfants de moins de 14 ans. Comment sévir contre un jeune de 11 ans qui fait du vélo avec des amis dans une ruelle de son quartier ? On peut aussi se demander si les Montréalais voient comme une priorité d’affecter leurs policiers à la traque de ces «délinquants». On ne vote pas une loi pour la vertu : il faut penser à son application;


- Plusieurs se servent de contre-arguments: il y a davantage de piétons qui meurent sur la route que de cyclistes, alors pourquoi pas le casque obligatoire à pied? Ce type d'argument est faible, mais il a le don de forcer la réflexion;


- Finalement, je pense que certains perçoivent l’article 31 comme un cheval de Troie, une manière de tranquillement imposer le port du casque aux adultes. Certains propos de la ministre Boulet vont même en ce sens, je la cite : «Dans certaines provinces, dans certains pays, le casque est obligatoire pour l'ensemble des usagers du vélo, et ce qui est, en soi, une bonne chose, parce que c'est ce qu'il faut faire en termes de sécurité. Maintenant (l’article 31) c’est un premier pas…» La peur de se voir imposer le port du casque est loin d’être une fiction, on le comprend très bien.


Mais Vélo-Québec n’est pas seul à monter au créneau. Les partis de l’opposition semblent se préparer à en découdre avec le gouvernement lors de l’adoption finale du projet de loi.


Si l’on en croit des interventions en Chambre faites le 11 mars, l’ADQ et le PQ s’opposent à cette mesure. Les parlementaires ont ce jour-là accepté le principe du projet de loi 71. En gros, si vous n’êtes pas familier avec le décorum de l’Assemblée nationale, les députés ont accepté l’essence du projet, soit de protéger davantage les utilisateurs de la route.


Le projet de loi 71 aura des effets importants sur les cyclistes, mais il s’attarde surtout à donner plus de dents aux lois contre l’alcool au volant. Donc, les députés ont accepté, en gros, le principe : on est pour un resserrement des lois en matière d’alcool au volant.


Ils n’ont pas, en acceptant le principe, dit oui au port obligatoire du casque chez les moins de 12 ans. En fait, les deux partis de l’opposition ont soulevé des réserves justement sur ce sujet-là. La prochaine étape sera de débattre du projet de loi article par article, et tout porte à croire qu’il y aura un os dans le tofu à l’article 31.


L’ADQ a laissé savoir qu’elle s’opposait à l’obligation. Le port du casque relève de la responsabilité personnelle, fait valoir le parti.


Le PQ, de son côté, a été plus ambivalent. Mais si on se fie à l’allocution du député de Johnson, Étienne-Alexis Boucher, on peut s’attendre à ce que le Parti québécois s’oppose aussi à l’article 31.


Le jeune député a d’ailleurs été le seul à aborder le problème dans une perspective d’urbanisme. Voici un passage de son allocution :


«Pourquoi la répression? Et puis plusieurs experts en la matière ont statué que ce n'est pas le port du casque, mais bien la réduction des risques de collision qui garantira une véritable diminution des statistiques liées aux accidents entre un vélo et une automobile. L'on parle donc ici beaucoup plus de l'importance de diminuer la circulation automobile ou encore de modifier les plans d'urbanisme, urbains afin de favoriser le transport actif et la sécurité liée à la pratique de celui-ci plutôt que d'obliger le port d'une simple pièce d'équipement.»


Je ne veux pas me prononcer sur l’obligation du casque. Ceux qui lisent souvent ce blogue savent ce que j’en pense. Mais je crois qu’il est important de savoir ce qui se vote au-dessus de nos têtes (littéralement).


La loi n’est pas adoptée. Tout porte à croire que les partis d’opposition essayeront d’abroger ou d’amender l’article 31. Rien n’est fait encore, mais les prochaines semaines seront cruciales.

lundi 11 janvier 2010

Lundi en folie

> Pour commencer la semaine en beauté, voici un lien vers un article sur le belvédère du mont Royal. Des policiers demandent l'installation d'une barrière pour limiter l'accès après 23h; il y aurait trop de grabuge. Lien avec le vélo? Camillien-Houde, bien sûr...

> À voir sans faute, aussi, cette solution bien japonaise au problème du stationnement des vélos. Très, très intense...

vendredi 8 janvier 2010

Hiver 1

Pignon.jpg

Dire que c'était propre comme un sous neuf il y a deux mois encore. Tout est toujours à recommencer. Ouais.

mercredi 16 décembre 2009

Le pool du cycliste


Cette vidéo sur le vélo à Copenhague est incroyable. Mikael Colville-Andersen, l’homme derrière le blogue Copenhagenize, nous vante les vertus bien réelles de sa ville. Parmi le lot de politiques mises de l’avant, d’infrastructures mises en place, l’une m’a séduit pour sa simplicité (à 2:10 sur la vidéo) : sur un boulevard qui se rend au centre-ville, les feux de circulation sont synchronisés pendant 6 km pour les cyclistes. En roulant à 20km/h, ils n’ont pas à mettre pied à terre une seule fois. Incroyable. C’est une mesure simple, mais tellement radicale dans nos villes dédiées aux voitures. La rue Saint-Urbain, à Montréal, serait parfaite pour ça. Imaginez le tollé chez les chauffeurs d’autobus!

Pour le plaisir, je propose un pool : quand trouvera-t-on une rue à Montréal où les feux seront synchronisés pour les vélos? Je dis 2016. Mais je suis un éternel optimiste…

mercredi 2 décembre 2009

Une pensée pour Ivan Illich

Il y a sept ans exactement, le 2 décembre 2002, est disparu une figure marquante de l’écologie politique. Ivan Illich s’est surtout fait connaître pour sa critique de la société industrielle, celle de l’éducation publique et, en ce qui nous concerne, celle de l’automobile.

Dans Énergie et équité, publié en 1973, il démontre dans un exposé devenu célèbre comment l’automobile est contre-productive. Si on prend en compte tout le temps qu’on dédie à une voiture – au travail pour la payer, chez le garagiste pour l’entretenir, le temps perdu à chercher une place de stationnement, celui perdu dans des embouteillages, etc. – et qu’on le met en relation avec le kilométrage moyen de l’Américain, on découvre que ladite machine se déplace en fait à 6 km/h…

S’il exerce une activité professionnelle, l’Américain moyen dépense mille six cents heures chaque année pour parcourir dix mille kilomètres; cela représente à peine 6 kilomètres à l’heure», peut-on lire dans Énergie et équité.

Illich en déduisait donc que de conduire une voiture en ville était un acte complètement irrationnel. Notons au détour qu’il classait la bicyclette dans la catégorie des outils conviviaux – au même titre que le roulement à billes! – puisqu’elle permettait à l’homme de s’affranchir.

Voilà, tout est dit. Si vous voulez en savoir plus sur cet homme fascinant, voici la très courte nécrologie qu’a publiée le magazine Time il y a sept ans. Efficace, comme toujours.