
Une étude sur le comportement des cyclistes new-yorkais vient d'être publiée, et les résultats ne sont pas jolis. Ainsi, il appert que 37% des cyclistes dans le Midtown, partie centrale de Manhattan, traversent aux lumières rouges sans ralentir, 29 % ralentissent afin d'observer la circulation, puis brûlent les lumières, et 10 % roulent à sens contraire.
La méthodologie est béton: Peter S. Tuckel et William Milczarski, respectivement professeurs de sociologie et d'urbanisme au Hunter college, ont envoyé des étudiants à 45 intersections. Ceux-ci ont noté le comportement de 5275 cyclistes. On appelle ça un échantillon représentatif.
Par contre, ces résultats ne peuvent s'appliquer à Montréal pour une raison bien simple: 44,4% des cyclistes qui composent l'échantillon sont des messagers. C'est une proportion énorme, qui s'explique si on tient compte de la nature du quartier. Midtown est en effet un district financier et un centre-ville autrement plus dense que celui de Montréal. Pour en arriver à une telle proportion dans la métropole, il faudrait que l'étude se limite à l'intersection Guy et René-Lévesque...
Ce que l'étude montre surtout, au-delà du fait qu'une part importante des cyclistes ne respecte pas le code de la route, c'est que les messagers à vélo sont les pires à cet égard.
On s'en doutait. Mais disons que l'étude vient le confirmer. Ainsi, 40% des messagers passent aux rouges sans ralentir, contre quelque 30% chez les autres cyclistes; 16% roulent contre le sens de la circulation contre un peu moins de 10% chez les autres. Le reste des statistiques est à l'avenant: port du casque, utilisation de réflecteurs ou de lumières, etc.
(Les messagers sont plus sages que les autres cyclistes à un seul chapitre: ils sont moins nombreux à utiliser des ipod et à parler au cellulaire à vélo. Sûrement parce qu'il faut être alerte quand on brûle une rouge à 40km/h...)
Aussi hors-la-loi soient-ils, j'ai du mal à leur jeter la première pierre quand, à côté, des cyclistes qui ne roulent pas pour vivre, pour gagner leur pain, conduisent tout aussi mal.
Disons que le travail commence là.
4 comments:
Depuis la semaine passée, je suis dépucelé de Manhattan en vélo. Les sens uniques étaient relativement facultatifs tout comme les feux rouges. Par contre, je ne comprends pas comment on peut s'empêcher de ralentir: la roulette russe doit avoir encore beaucoup d'adeptes.
O. Légaré
C'est ça aussi qui m'a surpris. Passer sur une rouge sans ralentir c'est intense.
(par ailleurs, très habile façon de ploguer que vous revenez de New-York)
Oui, j'adore raconter ma vie subtilement.
Je suis fidèle à mon pseudonyme.
Pour quand une telle étude à Montréal? Elle risque de plaire à Martineau...
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