
Si j'avais à analyser le discours médiatique entourant l'arrivée du Bixi, le mot «messianique» reviendrait souvent. Le Bixi n'est pas qu'un simple système de vélos en libre-service, le Bixi va mettre Montréal sur la mappe, il va tous nous rendre riches grâce à son brevet, il est une «révolution» (lu plusieurs fois) et il «nous confère une soudaine «légitimité urbaine», jusqu'alors réservée aux automobilistes ». Rien de moins.
J'ai même lu dans un quelconque média que «Montréal est Bixi». Je crois plutôt que certains journalistes sont Bixi, qu'ils sont Bixi raide même. Mais pourquoi toujours être rabat-joie, hein? Je me suis réveillé ce matin avec l'envie de l'enfourcher, ce messie.
D'autant qu'hier soir, en revenant du boulot, il m'est arrivé une mésaventure. Je n'entrerai pas dans les détails puisque je le ferai plus tard dans une rubrique qui s'appellera sûrement L'ortho du jour, et qui décrira mes rencontres avec les plus vils spécimens de cette faune qu'est la route. Sachez seulement que je remontais Saint-Laurent tard le soir quand quatre jeunes à casquette, au volant d'un jeep TJ décapotable, ont trouvé rigolo de me lancer une canette de bière vide dessus. C'est à ce moment que j'ai réalisé combien j'avais besoin «d'une soudaine légitimité urbaine». Bixi, me voici.
Je vais donc remiser mon vaillant Marinoni, qui m'a donné beaucoup de flattes, mais à peu près aucune légitimité urbaine. Pour la prochaine semaine, je vais utiliser Bixi. Une semaine à Bixi, ça, c'est du grand journalisme. On rit, on rit, mais entre une semaine en Afghanistan et une semaine sur un gros bécik de fille, que choisiriez-vous au juste. On ne rit plus tout à coup. En plus, le Bixi a failli donner une syncope à Anne-Marie Witenshaw. C'est dire.
Pour commencer ma semaine, j'ai donc décidé de frapper un grand coup. J'ai grimpé en Bixi notre petit Galibier à nous Montréalais, Camillien-Houde. Le but était d'enfin entrer dans la mémoire collective de Montréal, de me forger une place dans l'histoire aux côtés de De Maisonneuve et du maire Drapeau. Mission réussie!
Bien sûr, après deux secondes mon Marinoni me manquait. Ça a beau être un bicik de fille, c'est lourd ce machin d'alu-là. Mais j'avais besoin de légitimité urbaine, rappelons-nous. Et je dois dire que je suis agréablement surpris par le Bixi. Il se manie bien, est confortable et oblige une posture droite parfaite pour la ville. Le bruit de sa sonnette est magnifique, gentil comme toutes les sonnettes devraient l'être, mais avec un brin de nostalgie sur la fin. Les freins ne sont malheureusement pas très nerveux et les vitesses changent déjà dans une petite pétarade, ce qui n'augure rien de bon.
Le système a bien fonctionné. J'ai payé cinq dollars et bingo. Deux bornes sur dix étaient hors d'usage coin Mont-Royal et Parc, mais c'est dans les standards montréalais.
Je tire deux conclusions de ma journée: le Bixi, c'est pas si mal, mais faut être gravement retardé pour monter Camillien-Houde avec.
9 comments:
Au moins Bixie respecte la hiérarchie sociale! Si tu ne peux pas t'offrir un Marinoni ou autre fusée pour grimper le Galibier montréalais, faut que tu te fasses chier avec Bixi. D'ailleurs, la légitimité urbaine n'est plus tellement respectable hors des quartiers résidentiels.
Pour une fois que notre municipalité a lancé un projet à saveur sociale et environnementale qui n'est pas complètement ridicule...
au moins, maintenant c'est moi qui vas t'attendre en haut de la côte sherbrooke.
faut vraiment être masochiste pour grimper camilien avec un vélo pareil. MA-ZO.
combien il pèse ce vélo d'ailleurs, et ya combien de vitesses dessus? hein?
@ Tomte «Pour une fois que notre municipalité a lancé un projet à saveur sociale et environnementale qui n'est pas complètement ridicule...»
D'accord avec toi. Seulement, il faut reconnaître ce système pour ce qu'il est: du vélopartage. Dire qu'il s'agit d'une «révolution», c'est quand même de l'enflure.
C'est clair que ce n'est pas une révolution...plutôt une révélotion;)Fallait me laisser gérer le côté "marketing"...
il te manquais un maillot jaune en laine ! et un csque en cuir italien !
Ben, je sais où trouver le maillot de laine (http://u.nu/22q6). Mais le casque en cuir va être plus compliqué...
Et nous qui pensions avoir été les premiers.. Tu pètes notre bulle... devancé d'une semaine...
http://philgo20.com/2009/05/montee-de-camilien-houde-en-bixi/
Ahah, très drôle.
«C'est une question de timing», comme chantait Richard Cocciante.
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