vendredi 31 juillet 2009

Mea Culpa à The Gazette

Voilà, après que The Gazette ait publié un article fautif (et surréaliste) lundi, le quotidien fait marche arrière et publie une correction. En fait, l'article a été récrit en entier, avec une nouvelle conclusion. Désormais, les cyclistes peuvent traverser au feu vert, même si la lumière pour piétons clignote ou est à l'arrêt.
"The cyclist has the right of way when travelling on a bicycle path and a vehicle wants to turn and cross the path during a flashing hand signal for pedestrians, said Éric Godin, commander of the Montreal police road safety and traffic division."

À comparer avec la version antérieure:
"A flashing hand signal is the equivalent of a yellow light for pedestrians and cyclists, says Éric Godin, commander of the Montreal police road safety and traffic division."
Ils auraient pu préciser que cette priorité ne s'applique pas seulement aux pistes cyclables. C'est ainsi pour toutes les intersections – exceptées les rares qui disposent de feux pour cyclistes ou de panneaux qui indiquent que les cyclistes doivent respecter les feux piétons.

Mais tentons d'y voir le côté positif: disons qu'un article qui pèche par omission est préférable à un article erroné.

Montréal aura son Festival du film cycliste

Voilà huit ans que le Bicycle Film Festival existe. Huit ans qu'il diffuse des courts métrages sur le vélo, pour les passionnés de vélo. Après New York, Paris, Tokyo et une ribambelle de villes (dont San Diego ?!) voici qu'il atterrit à Montréal. Je me suis d'ailleurs souvent demandé pourquoi il n'y était pas venu avant...

Ce sera les 14, 15 et 16 août au cinéma de l'ONF. L'horaire est ici.

En hors d'oeuvre, voici la bande-annonce de Anima d'acciaio, présenté
le samedi 15 août.

Anima D'Acciaio Trailer Ver5.1 from Cinecycle on Vimeo.

mardi 28 juillet 2009

The Gazette erre dans l'erreur


Lorsque vous traversez une rue à vélo, êtes-vous tenu de respecter le feu tricolore comme le font les voitures, ou êtes-vous sujet au feu pour piétons? Avant hier, j'aurais répondu sans hésiter: un cycliste est considéré comme un véhicule et, en ce sens, n'est pas tenu de respecter les feux pour piétons.

Mais c'était sans compter sur The Gazette, qui a publié un article qui affirme exactement l'inverse; soit qu'un cycliste doit s'arrêter quand un feu piéton le commande, même si le feu tricolore est vert ou jaune.
"A flashing hand signal is the equivalent of a yellow light for pedestrians and cyclists, says Éric Godin, commander of the Montreal police road safety and traffic division."
Shocking. D'autant que la seule source du journaliste est un policier du SPVM. Disons que ceux-là ne sont pas les plus grands défenseurs des droits des cyclistes... Je dirais même que les policiers montréalais connaissent tout simplement très mal ces droits. Si le journaliste m'avait demandé, je lui aurais conseillé d'appeler la SAAQ ou la Ville de Montréal.

Un petit coup de fil à Vélo-Québec a vite confirmé mes craintes. «Le policier a tout faux...» m'a dit Patrick Howe, porte-parole de l'organisme.

«Tu peux t’engager au feu vert pour auto (tricolore) malgré le feu clignotant pour piéton. Mais seulement s’il n’y a pas un panneau qui indique que tu doives respecter le feu piéton», a-t-il expliqué.

(Par contre, les cyclistes doivent respecter en priorité les feux pour cyclistes, bien entendu... Ceux-là sont quand même assez rares, à part sur certaines pistes cyclables.)

Je ne sais pas si rétablir les faits sert à quoi que ce soit. La situation décrite dans l'article de The Gazette est fréquente, mais alors que plus de la moitié des cyclistes montréalais brûle systématiquement les feux rouges, disons que les feux pour piétons sont une bagatelle.

Pour les autres, ceux qui respectent le code de la route, ç'aurait été navrant que The Gazette ait raison. Les cyclistes ont une place si restreinte dans cette ville que voir leurs droits confisqués à coup d'ignorance me désole.

Bien sûr, c'est inquiétant que des policiers simplifient la loi au détriment des cyclistes (et au profit des automobilistes). Mais si vous avec une contravention, contestez-la. Les juges ont tendance à se fier à la loi avant de donner leur opinion...

dimanche 26 juillet 2009

Hal Ruzal est tout un moineau

Mais c'est un moineau qui sait protéger son vélo des vautours. Le mécano de New York nous revient avec une autre vidéo sur les cadenas, les chaînes, et tout l'arsenal du cycliste.

«This bike has no resale value, and it's locked real well! I give him A+.» Amen.

jeudi 23 juillet 2009

Lance Armstrong, côté ombre


Je signe dans La Presse de ce matin une recension du dernier ouvrage des journalistes David Walsh et Pierre Ballester, Le sale tour.

Bien entendu, le livre est un peu opportuniste - justement un des reproches qu'adressent les auteurs à Armstrong... Sa sortie coïncide avec le retour du septuple champion sur le Tour de France. Après L.A. Confidentiel et L.A. Officiel, ça sent le réchauffé. Des passages sont parfois forcés. Une section d'une vingtaine de pages est même carrément imbuvable (sur les politiciens français et leur perception de L.A. et du Tour de France, mais qui, vraiment, s'en soucie?)

Malgré tout, c'est un livre que je recommande à tous les fans de cyclisme. Ou bêtement, à ceux qui aiment le journalisme d'enquête. Il n'y a rien de bien nouveau par rapport aux deux précédents livres, mais celui qui n'en a lu aucun devrait trouver tout ce qu'il faut dans Le sale tour. Car le livre reste, malgré ses faiblesses, une charge à fond de train contre l'Américain. Et je vous jure, ça marche...

lundi 20 juillet 2009

À pois

L'Équipe magazine présente une galerie photo des hôtesses du Tour de France. Je dis ça comme ça, en passant... C'est ici.

mercredi 15 juillet 2009

Curieux Bixi

Du bon boulot d'Urbania, qui a réussi à dégoter une photo de Christian Bégin avec un Bixi, avenue du Mont-Royal. Maintenant, on le veut avec un bébé africain, mangeant du tofu aux carottes Aux Vivres ou, encore, en train de faire l'amour à une éolienne. Merci d'avance!

jeudi 9 juillet 2009

Thor a raison



Et voilà, Thor Hushovd a gagné l'étape d'aujourd'hui dans un sprint pas tout à fait enlevant. J'aime bien Hushovd. D'abord parce que son nom ressemble à une marque de débroussailleuses. Ensuite parce que lorsqu'il l'emporte, il regarde tout en haut et remercie le ciel, ou les oiseaux, ou un Airbus qui s'apprête à crasher. Tout cela est plein d'humilité. Pas comme ce Cavendish qui, lors de la 3e étape, a mimé un appel téléphonique. Tu as 200km à vélo pour y penser, et tu nous arrives avec ÇA? En plus il se frotte avec l'autre main... Un appel obscène? Tirez-en vos conclusions.

Atelier de vélo 2.0


Dans le rayon «pourquoi pas à Montréal?», voici le Lock 7, de Londres. Sorte d'hybride entre le café et l'atelier de vélo. Vous avez une crevaison loin de la maison, pas de chambre à air? Eh bien y'a qu'à y apporter votre vélo, vous asseoir et déguster un chai latte au curcuma bio (c'est à Londres, quand même) pendant que votre bécane est mise au point. L'excellent Copenhagenize y consacre une entrée, bien illustrée, ici.

lundi 6 juillet 2009

On a besoin de ça ici



Alors que la Ville de Montréal nous invite à «pédaler avec (notre) tête», à New York, on exhorte les automobilistes à en faire de même. La publicité télé, payée par la ville et des groupes cyclistes, est saisissante. Le message, lui, est clair et percutant: «The best protection a cyclist has is our attention. There is one thing everyone can do: look.»

Ma pratique personnelle du vélo à Montréal me laisse croire, d’ailleurs, qu’une campagne semblable ne serait pas de trop ici...

vendredi 3 juillet 2009

Trouvez l'erreur avec vot'tête

Peut-être avez-vous remarqué les nouvelles pubs quelque peu condescendantes qui invitent les cyclistes montréalais à pédaler «avec (leur) tête». Elles sont apparues à Montréal alors même que les policiers serraient la vis à l'encontre des cyclistes. Plusieurs contraventions ont ainsi été émises en juin, dont certaines pour des vélos non conformes au Code de la route. C'est vieux comme le monde: un cycliste brûle une rouge et le policier y ajoute une contravention pour un réflecteur manquant. Sauf que cette fois, il s'agissait d'une campagne de sensibilisation orchestrée par la Ville et intitulée «En sécurité dans mon quartier».

Le hic? Le vélo utilisé pour illustrer toute la campagne contrevient à cinq règlements du Code de la route. C'est en fait probablement une photo tirée d'une banque d'images par un publicitaire qui n'avait manifestement pas lu les communiqués lénifiants de la Ville de Montréal. Un vélo de course, qui plus est...


Le Code de la route du Québec prévoit, sous peine d’une amende,
Toute bicyclette doit être munie d'au moins:
1° un réflecteur blanc à l'avant;
2° un réflecteur rouge à l'arrière;
3° un réflecteur jaune à chaque pédale;
4° un réflecteur jaune fixé aux rayons de la roue avant;
5° un réflecteur rouge fixé aux rayons de la roue arrière.
Bien sûr on pourrait y tirer prétexte à vengeance contre les donneurs de leçons. Y aller d'un «fais de la pub avec ta tête» un peu baveux. Mais ce serait vindicatif et méchant, alors nous n'irons pas jusque là...

PS: Merci à Cédric Sam pour la photo.

jeudi 2 juillet 2009

Berlin interdit les fixes


Berlin vient d'interdire les pignons fixe, relate le blogue de GOOD Magazine (via @Simon Carreau).

C'est à ce jour la politique la plus agressive à l'encontre de ces vélos sans freins. Les tribunaux de l'Oregon avaient déjà été saisi d'une affaire semblable. Une cycliste avait reçu une amende, la loi de l'État de Washington prévoyant qu'un vélo doit être muni de freins. Elle avait contesté, puis les tribunaux l'avaient débouté et elle avait dû payer. Mais jamais auparavant un règlement n'avait visé expressément les fixes.

Serait-ce possible à Montréal? Disons qu'ici, les fixes sont loin d'être un enjeu de sécurité publique... Par contre, des policiers pourraient émettre des contraventions aux utilisateurs de fixes. Selon le Code de la route du Québec:

Article 242: Tout véhicule routier doit être muni d'au moins un système de freins suffisamment puissant pour immobiliser rapidement le véhicule en cas d'urgence et le retenir quand il est immobilisé.

Article 247:
Toute bicyclette et toute trottinette doivent être munies d'au moins un système de freins agissant sur la roue arrière. Ce système doit être suffisamment puissant pour bloquer rapidement la rotation de la roue, sur une chaussée pavée, sèche et plane.
Le cycliste puni pourrait en appeler. Ce serait alors aux tribunaux de trancher: le lien qui existe entre le pédalier et le pignon pourrait-il être considéré comme un «système de freins»? Les tribunaux de l'Oregon ont conclu que non. Je crois que ce ne serait pas différent ici.

En théorie, donc, les fixes sont déjà interdits au Québec. Le règlement est-il appliqué? Non. Je n'ai jamais connu d'utilisateur de fixe s'étant fait ennuyer par la police à Montréal. Et de toute façon, les policiers montréalais ont-ils la moindre idée de ce qu'est un fixe? Ma chemise que non.