mercredi 16 décembre 2009

Le pool du cycliste


Cette vidéo sur le vélo à Copenhague est incroyable. Mikael Colville-Andersen, l’homme derrière le blogue Copenhagenize, nous vante les vertus bien réelles de sa ville. Parmi le lot de politiques mises de l’avant, d’infrastructures mises en place, l’une m’a séduit pour sa simplicité (à 2:10 sur la vidéo) : sur un boulevard qui se rend au centre-ville, les feux de circulation sont synchronisés pendant 6 km pour les cyclistes. En roulant à 20km/h, ils n’ont pas à mettre pied à terre une seule fois. Incroyable. C’est une mesure simple, mais tellement radicale dans nos villes dédiées aux voitures. La rue Saint-Urbain, à Montréal, serait parfaite pour ça. Imaginez le tollé chez les chauffeurs d’autobus!

Pour le plaisir, je propose un pool : quand trouvera-t-on une rue à Montréal où les feux seront synchronisés pour les vélos? Je dis 2016. Mais je suis un éternel optimiste…

mercredi 2 décembre 2009

Une pensée pour Ivan Illich

Il y a sept ans exactement, le 2 décembre 2002, est disparu une figure marquante de l’écologie politique. Ivan Illich s’est surtout fait connaître pour sa critique de la société industrielle, celle de l’éducation publique et, en ce qui nous concerne, celle de l’automobile.

Dans Énergie et équité, publié en 1973, il démontre dans un exposé devenu célèbre comment l’automobile est contre-productive. Si on prend en compte tout le temps qu’on dédie à une voiture – au travail pour la payer, chez le garagiste pour l’entretenir, le temps perdu à chercher une place de stationnement, celui perdu dans des embouteillages, etc. – et qu’on le met en relation avec le kilométrage moyen de l’Américain, on découvre que ladite machine se déplace en fait à 6 km/h…

S’il exerce une activité professionnelle, l’Américain moyen dépense mille six cents heures chaque année pour parcourir dix mille kilomètres; cela représente à peine 6 kilomètres à l’heure», peut-on lire dans Énergie et équité.

Illich en déduisait donc que de conduire une voiture en ville était un acte complètement irrationnel. Notons au détour qu’il classait la bicyclette dans la catégorie des outils conviviaux – au même titre que le roulement à billes! – puisqu’elle permettait à l’homme de s’affranchir.

Voilà, tout est dit. Si vous voulez en savoir plus sur cet homme fascinant, voici la très courte nécrologie qu’a publiée le magazine Time il y a sept ans. Efficace, comme toujours.